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TÉMOIGNAGES
 
ANNEXE F  - le 18 juin 1979  Andrew A. Rooney

 

J’ai été affecté au service de presse de la 1ère Armée et j’ai assuré la couverture de la Bataille de Normandie pour The Stars and Stripes. Nous avions une maison dans la grand-rue à Sainte-Mère-Église, où l’équipe du journal fut cantonnée pendant quelque temps, mais je n’y ai guère mis les pieds. Mes papiers étaient transmis par sans fil de presse à Londres, puis retransmis à Cherbourg ou ailleurs, là où se trouvait l’imprimerie du journal.

J’ai procédé ainsi par commodité, même si je ne me trouvais qu’à quelques kilomètres de l’imprimerie. Si je me souviens bien, nous avons essayé de nous installer dans une imprimerie à Carentan, mais la presse a été touchée par un obus d’artillerie allemand, avant même que nous commencions à la faire tourner ...


ANNEXE G le 25 octobre 1979  Andrew A. Rooney


À l’époque où l’équipe de rédaction de The Stars and Stripes était à Sainte-Mère-Église, nous étions logés dans deux maisons contiguës aux murs de pierres apparentes situées à l’est (à moins que ce soit au sud ?) de l’église et de la place, et de l’autre côté de la rue.

Nous y étions cantonnés à huit ou dix, mais certains dépendaient du train, ou étaient affectés à d’autres tâches, telles que la paie du personnel, etc. Je n’y ai séjourné personnellement que rarement, car j’ai suivi la 1ère Armée en qualité de reporter.

Mon meilleur souvenir de cette période à Sainte-Mère-Église est lié à deux femmes que nous employions. Nous leur donnions nos cartons de rations, et elles nous faisaient la cuisine. Ces rations de l’armée contenaient des gros morceaux peu ragoûtants de bacon et de bœuf, ainsi que du beurre et du sucre. Nous n’avons jamais posé de questions à ces femmes. Elles nous préparaient d’excellents repas, en troquant une partie des rations dans les fermes voisines contre des produits laitiers frais, des légumes et des œufs.


Je ne suis pas en mesure de répondre à bon nombre des questions précises que vous m’avez posées. À l’époque où nous étions à Cherbourg, je me souviens que la censure nous interdisait probablement d’en faire état. Lorsque nous sommes arrivés à Rennes, notre position n’avait plus aucune importance au point de vue militaire, et la commission de censure nous autorisa à en faire état.
Vous avez raison. Il n’y avait pas d’imprimerie à Sainte-Mère.
Si seulement nous avions été aussi méticuleux pour la rédaction de ce livre que vous l’êtes pour votre mémoire.


ANNEXE H  - le 16 octobre 1979  Charles Kiley New Jersey USA



 

C’est un fait que j’ai été le premier membre de l’équipe de rédaction de The Stars and Stripes à débarquer sur le continent [européen], et je suis effectivement arrivé à Omaha Beach le 9 juin. J’ai été suivi peu après, deux ou trois jours plus tard, par deux hommes, Wally Newfield et un certain sergent Miller, qui n’étaient pas journalistes, mais chargés de la distribution des exemplaires de The Stars and Stripes imprimés à Londres et acheminés par avion jusqu’à la tête de pont.

Il est exact que Bucknell et Hodenfield ont accompagné les parachutistes et les rangers le jour J ou juste après. Bucknell s’est cassé une jambe en touchant terre et dut être évacué vers l’Angleterre. Quant à Hodenfield, il passa plusieurs jours avec les rangers, avant de rejoindre d’autres membres de l’équipe de The Stars and Stripes qui arrivèrent beaucoup plus tard.
Au cours de ma première semaine en France, j’ai recueilli les informations à la radio et sorti un bulletin d’information à l’aide d’une Ronéo fournie par une unité des Special Services. Ce bulletin fut distribué aux troupes à leur passage aux dépôts de munitions et de ravitaillement.
La réalisation et la distribution de ce bulletin d’information n’avaient rien d’un exploit, mais elles me valurent, plusieurs semaines plus tard, une recommandation du commandant des Special Services.
À l’époque où je sortais le bulletin d’information, j’ai circulé, pour recueillir des anecdotes auprès des troupes américaines et les transmettre par avion à Londres, pour qu’elles soient publiées dans l’édition de Londres de The Stars and Stripes. L’une de ces anecdotes concernait la Quatrième Division, qui avait débarqué à Utah Beach. Je l’ignorais à l’époque, mais la presse n’avait pas encore donné de précisions au sujet des divisions qui avaient participé au débarquement. Cependant, la censure était levée au moment où j’écrivis l’article consacré à la Quatrième Division. J’ai d’ailleurs rencontré Ernest Hemingway, qui accompagnait une unité du QG de la Quatrième Division. Je ne me souviens pas s’il recueillait des informations ou s’il écrivait pour une publication...


ANNEXE J - le 12 novembre 1979  Charles Kiley New Jersey USA


Je vais m’efforcer de répondre de mon mieux à certaines des questions de votre dernière lettre du 23 octobre, en faisant appel à mes souvenirs, car je ne dispose pas de notes précises.
J’ai effectivement ronéoté plusieurs bulletins d’information. Je ne me souviens pas du nombre exact. J’ai recueilli les informations à la radio en écoutant Armed Forces Network [la radio des forces armées américaines], je les ai tapées sur des stencils et j’ai tiré le bulletin d’information sur une Ronéo installée dans une cabane Nissen occupée par un détachement des Special Services.

Comme je l’ai déjà dit, le bulletin d’information était distribué aux troupes par l’intermédiaire des dépôts de munitions et de ravitaillement. En reconnaissance de mes efforts, j’ai reçu une lettre de recommandation signée du commandant des Special Services.

Les troupes allemandes se trouvaient alors à quelque 8 kilomètres des têtes de ponts. Je n’ai aucun souvenir de la publication de The Stars and Stripes en France avant Cherbourg. J’imagine que le numéro du 4 juillet provenant de « quelque part en France » aurait pu être publié à Cherbourg, mais je ne m’en souviens pas. Je n’ai aucun souvenir non plus d’un stock de papier à en-tête de The Stars and Stripes, mais il se peut qu’il ait été expédié par bateau pour l’édition de Cherbourg. Dornbusch note qu’un détachement de The Stars and Stripes a débarqué « peu après » le jour J. Impossible de dire ce qu’il faut entendre par « peu après». J’ai été le premier de l’équipe de The Stars and Stripes à débarquer, le 9 juin (après Hodenfield et Bucknell). Hodenfield est resté longtemps avec les rangers U.S. ; il leur a consacré des articles et les a transmis à Londres. Quant à Bucknell, il s’est cassé une jambe, comme je vous l’ai dit, en atterrissant avec les parachutistes, et il n’a rien écrit de France...


ANNEXE K  - le 17 décembre 1979  Charles Kiley New Jersey USA

J’ai bien reçu votre dernière lettre et la copie de The Stars and Stripes répertoriée Vol. 1, N° 1, Édition de la tête de pont, qui y était jointe.
Vous me demandez s’il s’agit du bulletin d’information ronéoté que j’ai sorti. Honnêtement, je ne m’en souviens pas. Comme je l’ai déjà dit dans une autre lettre, cela remonte à 35 ans. Il se peut que ce bulletin soit l’un de ceux que j’ai réalisés et distribués. Je ne me souviens de personne d’autre qui l’ait fait. Par contre, je suis [toujours] en possession d’une recommandation [en reconnaissance de] la publication des bulletins d’information ronéotés.



Bud Hutton, Andrew R et Charles Kiley devant le bombardier Stars & Stripes.
Tous ces journalistes faisaient partie des personnels embarqués à bord des bombardiers américains au poste de mitrailleurs.

Vous vous demandez pourquoi il n’y avait pas d’articles de ma plume dans l’édition de Rennes. La réponse est que je n’ai rien écrit au cours de cette période, à l’exception de quelques dépêches transmises à l’édition de Londres. Entre J-3 et le début d’août, j’ai consacré le plus clair de mon temps à la mission qui m’avait été assignée de trouver des imprimeries susceptibles de publier The Stars and Stripes. À la fin de la première semaine d’août, j’ai été envoyé à New York, et je ne suis revenu que vers le 1er décembre, alors que The Stars and Stripes était [imprimé] à Paris. Je suis parti ensuite à Liège, en Belgique, pour y participer au lancement de la nouvelle édition.
Par la suite, j’ai été affecté au QG du Général Eisenhower, à Reims, où j’ai rendu compte de la capitulation allemande. Les articles que j’ai écrits du QG d’Eisenhower se trouvent dans les éditions de Paris et de Londres. J’ajouterai que j’étais le seul correspondant de presse à couvrir la capitulation à Reims et la soi-disant ratification de capitulation, le lendemain, à Berlin.


ANNEXE L Charles Kiley New Jersey USA


Je vais m’efforcer de répondre aux questions [que vous avez posées] dans vos dernières lettres.
Je me souviens de la grotte de Cherbourg, à laquelle les Allemands accédaient, paraît-il, à bord de petites embarcations, qu’ils chargeaient de cognac, de parfum, de produits de beauté, etc. qu’ils expédiaient par bateau en Allemagne. J’ai vu cette grotte. Elle fut découverte par des soldats de la Quatrième Division U.S., qui avaient participé au débarquement du jour J à Utah Beach. Je ne me rappelle pas qui a écrit l’article pour The Stars and Stripes. C’était peut-être moi, mais je ne souviens pas de l’avoir fait.

Je suis arrivé à Cherbourg en compagnie de trois ou quatre autres membres de l’équipe de rédaction de The Stars and Stripes, notamment Hutton et Robert Moora [aujourd’hui décédé], qui était lieutenant, sur les pas des soldats de la Quatrième Division. Je ne me souviens pas des premières personnes que nous avons rencontrées, à part les corps des soldats allemands. Les seules Françaises dont je me souviens étaient trois femmes - la mère, sa fille et une amie -, qui nous ont fait la cuisine après notre installation dans une maison qui avait été habitée par des Allemands pendant l’Occupation. La fille et son amie furent ensuite accusées par les autorités françaises d’avoir fréquenté des Allemands et elles furent tondues.

Comme je vous l’ai déjà dit, je me rappelle que je suis passé à l’imprimerie du Cherbourg Éclair, où deux ou trois soldats américains avaient été recrutés, pour remettre les Lino-types en état, et c’est à peu près à ce moment-là que j’ai quitté Cherbourg pour retourner à New York, où j’ai passé trois mois. Je n’ai aucune idée d’où provenait le papier journal, ni des arrangements conclus pour en trouver. L’un des membres de l’équipe de rédaction de The Stars and Stripes présent [à Cherbourg] à cette époque serait susceptible de vous renseigner à ce sujet, si vous souhaitez lui écrire. Il s’agit d’Earl Mazo, 5915 Nebraska Avenue, N.W., Washington, D.C., 18015.


Vivian Leigh et Diana Wynyard, célèbres
actrices d'Hollywood en compagnie des
journalistes du Stars & Stripes
 

Vous pouvez vous recommander de ma part, quand vous lui écrirez. Il se peut qu’il soit en mesure d’obtenir des précisions du Special Service Department de l’armée, à Washington...

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