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CHAPITRE I

HISTOIRE DE THE STARS AND STRIPES


LA GUERRE DE SÉCESSION

La première information concernant The Stars and Stripes pendant la guerre de Sécession aux États-Unis se trouve dans l’hebdomadaire d’information américain TIME du 28 mars 1960 (page 91), où l’on peut lire «Publié pour la première fois de façon intermittente par les troupes de l’Union [des États-Unis] pendant la guerre de Sécession…». Grâce à M. Charles E. Dornbusch, bibliothécaire en retraite de la New York Public Library, qui a établi une liste des différentes éditions de The Stars and Stripes publiée en 1948 par la New York Public Library, l’auteur de la présente étude a eu accès, par l’intermédiaire de la Société d’Histoire de l’État d’Illinois, à un article publié dans l’été 1953 dans le Journal of the Illinois State Historical Society, pour un complément d’information au sujet de l’épisode de la guerre de Sécession. Cet article de la plume d’Earl Lutz, intitulé «Stars and Stripes of Illinois. Boys in blue» [allusion à la couleur de leur uniforme – NdT], précisait notamment :


Combattants durant la prise
du fort du Roule à Cherbourg

Dans le Nord comme dans le Sud, une nouvelle entreprise journalistique - le journal réalisé par les soldats pour les soldats – vit le jour … à Bloomfield, dans ce qui devint plus tard l’état du Missouri, (le 9 novembre 1861, des membres du ‘18th Illinois Volunteers’ imprimèrent le tout premier numéro de The Stars and Stripes). Neuf jours plus tard, des prisonniers de l’ ‘Union’ détenus à la prison du comté à la Nouvelle Orléans sortirent laborieusement un autre numéro manuscrit de The Stars and Stripes, qui fut suivi, pendant la guerre, de trois autres publications portant le même titre patriotique réalisées par des soldats. Ces cinq numéros de The Stars and Stripes sont extrêmement rares. On n’a retrouvé qu’un seul exemplaire du numéro de Bloomfield, à la Clemence Library de l’Université du Michigan.

CHAPITRE II

THE STARS AND STRIPES DANS LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE


La publication du journal fut lancée dans des circonstances aussi mal définies que celles dans lesquelles elle s’effectua. Le bruit courait, dans les milieux de la presse aux États-Unis, que Bertie Mc Cormick, du Chicago Tribune, tentait de lancer outre-mer [à l’extérieur des États-Unis – NdT] une édition de son journal anti-gouvernemental. Sensiblement à la même époque, selon les déclarations des  porte-parole du ministère de la Guerre – et c’est probablement vrai -, on prit  conscience dans l’armée du fait que l’on s’apprêtait à envoyer en Europe un  contingent important d’Américains, qui avaient l’habitude d’avoir leurs propres journaux. Et l’idée germa au même moment sous le crâne dégarni d’Ensley  Llewellyn.


Combattants américains en embuscade.

 

Le commandant Ensley Llewellyn, ex-Tacoma, Washington, dans la publicité, était venu en Angleterre pour être intégré à la commission de censure de la presse. C’est lui qui eut l’idée de lancer un  journal américain pour les soldats américains outre-mer et qui fit allusion à The Stars and Stripes de la Première Guerre Mondiale. Son « idée fut relevée par des oreilles attentives, qui avaient déjà enregistré les revendications insistantes de Mc Cormick ». Toujours à la même époque, Mark Martin, un journaliste originaire de Des Moines (Iowa), qui était lieutenant dans l’infanterie, reçut l’ordre de lancer un journal local pour les troupes cantonnées en Irlande du Nord. Ainsi, le « père » du futur quotidien de la Deuxième Guerre Mondiale engendra-t-il un « enfant » à Belfast. Après coordination des projets, et avec la bénédiction de Washington, les plaques tournèrent dans les locaux de l’imprimerie Hazell, Watson & Viney, à Soho, Londres, du 18 avril au mois d’octobre 1942. Il s’agissait à cette époque d’une sorte d’hebdomadaire régional, dans la mesure où il n’y avait pas de combats dans ce secteur. L’abonnement, qui coûtait dix huit shillings, comprenait également Yank, le magazine de l’armée.

CHAPITRE III

L'ÉDITION DU LONDON TIMES


Exception faite des bulletins d’information composés et ronéotypés par Charles Kiley à Sainte-Mère-Église, à partir du vendredi 16 juin 1944, pour lesquels nous ignorons le nombre exact de numéros publiés, et de la défaillance de l’imprimerie de Carentan, les soldats engagés en Normandie durent s’en remettre à l’édition de The Stars and Stripes publiée par le London Times, qui fut acheminée quotidiennement par avion jusqu’à la tête de pont. Le premier  numéro, archivé au Volume 4, n° 189,  et intitulé « Liberation Issue », fut un numéro spécial qui parut le lundi 12 juin 1944.

On sait que The Stars and Stripes publié à Londres paraissait six fois par semaine. Entre le mardi 6 juin et le lundi 3 juillet 1944, dix-neuf numéros parurent, qui furent archivés au Volume 4, du n° 189 au n° 207. Quant au numéro spécial intitulé « Liberation Issue », il regroupait les nouvelles correspondant à la période du mardi 6 juin au samedi 10 juin 1944. Deux seulement de ces dix-neuf numéros sont des journaux de huit pages. Il s’agit du numéro 189, intitulé « Liberation Issue », et du numéro 201, daté du lundi 26 juin 1944, qui correspond à la libération de Cherbourg par les Américains, qui, selon les termes du communiqué du SHAEF (GQG du Corps Expéditionnaire Allié) publié en page 1 du numéro 201, le mercredi 28 juin 1944, (La chute de Cherbourg) « conclut la seconde phase de la campagne de libération ». On trouve également dans ce numéro 201 un important article consacré à la Charte des Droits du G.I. (GI Bill of Rights). Ce sont ces deux sujets, la libération de Cherbourg et la Charte des Droits du G.I., qui justifient le volume de ce numéro spécial de huit pages. Les dix-sept autres numéros se limitent à quatre pages. Cette édition publiée par le London Times fut distribuée par l’intermédiaire des dépôts de ravitaillement en nourriture et en munitions.


Combattants durant la prise du Fort du Roule à Cherbourg.

Bien que le numéro intitulé « Liberation Issue » fût le premier numéro de The Stars and Stripes distribué aux Forces Américaines après le 6 juin 1944, les numéros ultérieurs publiés par le London Times furent distribués chaque jour, sauf le dimanche, comme d’habitude, aux autres abonnés, du mardi 6 juin au samedi 10 juin 1944. Le numéro intitulé « Liberation Issue » fut le seul numéro publié pour le lundi 12 juin 1944, par le London Times Stars and Stripes. On sait également, grâce à Mr. Dornbusch, que le numéro du lundi comportait régulièrement huit pages. Il n’est donc pas surprenant que les deux seuls numéros de huit pages conservés soient des numéros du lundi, et leur volume inhabituel s’explique par le fait qu’ils parurent au lendemain du jour J et de la libération de Cherbourg.

CHAPITRE IV

L'ÉDITION DE CHERBOURG


La renaissance de The Stars and Stripes au cours de la Seconde Guerre Mondiale fut essentiellement liée à la présence d’un nombre croissant de soldats américains en Angleterre et en Irlande du Nord, dans l’attente du débarquement sur le continent européen ; ceci à la fois pour des raisons de distribution et parce que The Stars and Stripes voulait être, par vocation, « un journal pour Joe », autrement dit pour M. tout-le-monde, le journal se devait d’envoyer des reporters partout où Joe se battait.

C’est la raison pour laquelle The Stars and Stripes fut dans un premier temps, jusqu’au débarquement en Afrique du Nord, un journal de l’Armée de l’Air, dans la mesure où les soldats engagés dans les combats appartenaient à l’Armée de l’Air. Mais à partir du débarquement américain en Afrique du Nord, The Stars and Stripes devint quotidien, dans la mesure où les ‘soldats-lecteurs’ eurent besoin d’être informés au jour le jour des opérations en cours sur le front africain. Nous avons déjà fait état par ailleurs des différents lieux de publication de ces éditions de The Stars and Stripes en Afrique du Nord. À l’approche de l’offensive décisive sur le continent européen, l’équipe de rédaction de The Stars and Stripes s’apprêta à couvrir ce grand événement.


Combattants américains en embuscade.

Il semblait probable que The Stars and Stripes n’assurerait pas la couverture des opérations aéroportées lorsqu’elles seraient déclenchées … Bucknell disparut du bureau aux environs du 20 mai … Aux premières heures du 6 juin, Phil Bucknell sauta d’un C.47 avec les hommes de la 82ème Airborne Division A au-dessus de la presqu’île du Cotentin plongée dans la nuit.

Bucknell, qui était Américain et avait travaillé pendant douze ans pour des journaux britanniques, s’engagea dans l’armée américaine et fut affecté à The Stars and Stripes ; c’est lui qui reçut la première décoration, un ‘Purple Heart’ pour blessures au combat, décernée à un journaliste de The Stars and Stripes sur le continent européen.

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